[Multijoueur 3 : Tuchanka] : Fendeur N7 - Bronze

Mass Effect Saga

Hadès J Danceny - Vendredi 03 Aout 2012 à 14h37 - 2 commentaires - Ecrits
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TUCHANKA


Quand je me battais dans les bas-fonds parisiens, à détrousser pour me faire ma pitance, rôdant dans les quartiers borderlines de la ville lumière, je ne pensais pas qu'un jour on me recruterait pour participer à ce foutu programme N7. J'imagine qu'ils ont besoin de chair à canon. En fait, je m'en fous. Ils pensaient peut-être que leur programme de 20h par jour aurait raison de moi. Ils avaient tort. Il en faut beaucoup plus pour m'abattre, encore plus pour me discipliner. Mais maintenant, je suis sur le fil du rasoir, parachuté au milieu de Tuchanka, rouille et poussière.

Tout seul. Qu'est-ce que j'en avais à faire. Au moins étais-je payé à la hauteur de l'effort. Pourquoi tout seul, je n'en savais rien. Mais il y aurait du moissonneur, de quoi abreuver de sang ma lame. Mon armure est améliorée par des amplificateurs d'implants biotiques. Je fais beaucoup plus mal. Déjà qu'en temps normal, je suis une véritable arme de destruction massive…

Il y a beaucoup de découverts. Un endroit où se planquer pour tirer en hauteur. Pas mon genre. Quelques caisses et conteneurs. Je ne suis pas contre. L'action se déroulera sur deux plans, avec le plateau supérieur, plutôt dégagé, sur lequel donnent deux bâtiments, l'un en ruines, l'autres contenant encore des terminaux qui semblent émettre. Le plateau inférieur est encombré, et donne sur l'arrière des bâtiments.

J'étais seul et Dieu sait combien d'ennemis j'allais devoir abattre. Si je suis seul, je n'aurais personne pour venir récupérer ma carcasse si jamais ça tourne mal. Cela ne tournera pas mal. Et puis je suppose que c'est pour ça que j'ai été choisi. Pas parce que j'étais le meilleur. Mais parce que si je crève, je ne serais pleuré de personne. Seul, avec deux armes, une mitrailleuse Hurricane et un Acolyte. Autant la mitrailleuse j'en fais mon affaire, autant l'Acolyte suscite ma curiosité. Les lignes du flingue sont semblables au fusil à pompe asari Disciple, beau, léger, épuré, d'un blanc éclatant, une véritable merveille du design, même si sur le champ de bataille, c'est le cadet de nos soucis. Les asaris ont de drôles de priorité, faut croire. Je sais pas comment cette saloperie marche. J'appuie sur la gâchette, en visant le mur délabré, et… Il ne se passe rien. Quelle connerie.

Je m'acharne sur la gâchette. Toujours rien. Je m'apprête à jeter l'Acolyte de dépit quand j'entends les premiers gémissements. Des moissonneurs. Parfait. Je rabats sur ma tête mon casque qui occulte la vision de mon visage à mes ennemis. Mes implants pulsent en moi, secouant ma mâchoire et mon crâne, chatouillant ma colonne vertébrale.  Mais le plus important était l'épée, qui vibrait dans ma main, se chargeant de mon énergie noire, déversée par ma colère, ma rage, ou simplement ma volupté à l'idée de massacrer tout ce bau monde. Et c'est simple. Une taillade. Je me lance dans un gracieux entrechat de mon cru, et lorsque je frappe le sol, tous les implants se vident pour transférer leur énergie dans la lame de mon épée, libérant une formidable impulsion biotique. Et je fais des prix de gros. Par pack de 3. Ou 4, tout dépend de l'alignement. Je charge, mes os font des échos dans mon armure, la décharge me galvanise, mais je sais que demain, je vais avoir du mal à me lever.

L'enjeu de cette carte, surtout tout seul, c'est de rester mobile. J'aurais pu rester dans un coin et continuellement faire mes taillades. Je ne suis pas de ce bois-là. Ces abrutis sont trop lents, même les zombies, qui semblent hésiter à chaque coin de rue. J'ai même vu des maraudeurs tirer n'importe où. Surtout là où je n'étais pas, en fait. Donc j'ai le temps de me les faire, en restant sur les plateaux, nul besoin d'entrer dans les bâtiments, c'est un coup à se faire coincer comme un bleu et à crever la bouche ouverte. Ce serait très con.

Quand j'entends dans la radio que je dois me démerder pour envoyer je ne sais quel rapport aux quartiers généraux de l'Alliance, je commence à comprendre. Il y a des intérêts particuliers ici, sans doute des informations complémentaires pour construire le creuset, un truc dans le genre. Bon. Mon OmniTech n'a qu'une certaine portée. Le terminal se trouve pile poil entre deux conteneurs, et j'ai une vision à 360° du désastre qui menace : je vais me faire prendre en sandwich, et honnêtement… Pas mon truc.

Alors je décide de danser, longeant le périmètre critique de la fin de la portée de mon OmniTech. Je lance mes taillades le plus rapidement possible de chaque côté, et concentre mon rayon phasique dans ma main droite. Avec un hurlement de rage mêlé à la douleur de l'énergie noire qui crépite le long de mon bras, je lâche le rayon, et fais littéralement fondre un marauder. Un grand rire monte en moi et me secoue, un rire dément, le rire de celui qui est avide de victoire. La progression se fait sans souci, tant que je danse.

Le massacre se poursuit. Ils envoient de plus en plus de troupes. Comme quoi j'ai dû foutre un sacré coup de pied dans la fourmilière. Les brutes, j'en fais mon affaire, il suffit de faire une foulée de l'ombre pour les feinter. Je suis le toréador de l'espace, le matador des moissonneurs ! Mais la furie…

… Eurêka, c'est dans les moments d'horreur que le vent tourne. L'Acolyte ! Il faut maintenir la gâchette. Longtemps. Le temps que la petite languette en matière bizarre se soulève, pour laisser échapper la chaleur produite par la concentration de l'énergie qui tient lieu de munition. Et une fois que c'est fait, on lâche tout. Une sorte de petite balle à tête chercheuse sort du canon, et libère un champ disrupteur. Fini les boucliers et autres barrières - bon pour les armures il faudra repasser, mais mon épée est là pour ça non? - En deux coup, la furie peut dire adieu à ses petites protections, et peut aller se rhabiller. Hahaha. Dominated, bitches.

Les deux missions suivantes sont des escortes de drones. Je sais pas ce que l'Alliance cache ici, mais c'est mauvais. Si c'était la recette de la confiture de mamie, je n'aurais pas été tout seul à regarder les données défiler. Bon Dieu. Mais ça va, il suffit de… Merde, un gros tas. Bon eh bien… Un coup de missile là-dedans, puis un deuxième, adieu Rachni, brutes et furie, la voie est libre. Et voilà. C'est terminé. La première était facile, la seconde moins. Suffit d'être mobile. Toujours mobile. Marcher de manière circulaire semble suffire pour que ces imbéciles me ratent.

La navette est en route. Soulagement. Je commence à ressentir les effets secondaires de la puissance biotique libérée. J'abats encore quelques moissonneurs, l'Acolyte étant devenu mon nouvel ami. J'entends les réacteurs et… Je n'avais pas vue cette salope de brute qui me fonce dessus et enfonce sa grosse pince dans mon armure. Je tombe à terre. Un artilleur de l'Alliance déploie la version fixe du N7 Typhon, et fait le ménage, tandis qu'on traîne ma carcasse dans la navette. Je me vide de mon sang. Il y en a partout dans mon armure, c'est poisseux… Il fait froid…. Mon épée glisse sur le sol, tintant légèrement. Du sang en dégouline. Il fait froid…

"Tenez le coup, on est bientôt à bord…"


Ah… Personne à qui implorer le pardon. Je ne serais jamais le romantique petit soldat que j'aurais voulu être...
Commentaires
N7-Shepard-EA - 09/12/2012 23:48
Magnifique récit ! franchement chapeau je l'ai lu en entier pas mal .
Sacrifars - 10/12/2012 13:49
Quel talent Hadès. Bon finalement tu t'es pourrir par la brute? XD
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