Mass Effect: Infiltrator

Mass Effect Saga

Description du jeu :

Mass Effect : Infiltrator, développé par le studio de développeurs australien IronMonkey (Dead Space, Need for Speed Most Wanted...) et édité par Electronic Arts, est un TPS (third person shooter) basé sur l'univers de Mass Effect, s'inscrivant dans la timeline de la série peu avant les évènements de Mass Effect 3.

Prévu uniquement pour supports portables tels que smartphones et autres tablettes, le jeu est disponible sur iOS via l'App Store depuis le 6 mai 2012 et sur Android OS depuis le 22 mai 2012.

                   icone de mass effect infiltrator

Synopsis :

Officiel :

L'AVENIR DE LA GALAXIE EST EN JEU ! Par les concepteurs du jeu encensé par la critique, Dead Space, Mass Effect débarque sur vos smartphones avec une nouvelle histoire originale, conçue spécialement pour les portables ! Découvrez le jeu haute résolution !

VOUS ÊTES UN AGENT DE CERBERUS... DISSIDENT !

Penant que le commandant Shepard combat les Moissonneurs à travers la galaxie, l'agent de Cerberus vétéran, Randall Ezno, fournit à l'organisation des cobayes extraterrestres pour des expériences illégales dans un complexe secret. Mais le directeur du complexe va trop loin et Randall se rebelle : il veut signer la mort de Cerberus ! 

Saurez-vous vous frayer un chemin hors de la base de Cerberus et dénoncer leurs recherches secrètes auprès de l'Alliance ?

 

Non-officiel:

Randall Ezno, agent de Cerberus chargé de capturer des cobayes extraterrestres pour les laboratoires de l'organisation pro-humaine basés sur la station Barn, revient d'une mission sur une planète glaciaire.

Sur le point de rendre visite à sa superviseur, Inali Renata, des turiens attaquent la station. Défendant la base contre les assaillants, Randall se rend compte que Cerberus n'est peut être pas l'organisation qu'il croyait être lorsqu'Inali disparaît. Dès lors, une seule motivation le guide : retrouver Inali et abattre Cerberus.

 

Note Metacritic : 68/100

 

Critique :

Le test a été réalisé sur un Samsung Galaxy S3.

Pour un jeu, c'est un beau jeu : environ 500Mo de programme. Sans compter que plusieurs mises à jour ont été déployées depuis (chacune se compte en plusieurs centaines de Mo elles aussi). Un conseil : connectez vous à un réseau wifi avant de lancer le téléchargement.

Démarrons le jeu... Ah, l'interface... Qu'en dire ? Elle est optimisée pour les surfaces tactiles, proposant des boutons à la fois suffisamment discrets et jolis tout en conservant une taille raisonnable pour des gros doigts boudinés. L'interface est réactive et précise sous les doigts. Sa couleur bleue se parant parfois d'une transparence légère ou d'animations spéciales n'est pas sans rappeler celle de Mass Effect 3.

Pas grand chose à dire sinon qu'elle est facile d'accès et claire. Elle remplit son office convenablement et est plutôt agréable à l'oeil, ce qui n'est pas pour déplaire au joueur que je suis.

La première chose qui m'a étonné -en bien-, ce fut la musique et l'ambiance sonore. Nous sommes accueillis par une musique bien connue de tout joueur de Mass Effect : Uncharted Worlds, de Jack Wall et Sam Hulick. Mais si, souvenez-vous : c'est la musique que l'on entend lorsqu'on ouvre la carte galactique à bord du Normandy. Voila, vous y êtes.

Au fur et à mesure que l'on avance, le jeu est ainsi ponctué par des morceaux principalement tirés de la bande originale de Mass Effect 2, renforçant ainsi le côté immersif. Autant pour moi qui connait bien ces musiques pour les avoir entendues encore et encore dans les jeux que pour le néophyte qui se retrouve immergé pour la première fois dans l'ambiance développée par les compositeurs pour les deux premiers opus, formant cette « empreinte » musicale entre symphonique et électronique propre à la série.

Petite touche de la part des développeurs : les quelques notes de piano un peu rétro de la boutique. Bien que n'ayant rien à voir avec les musiques de Mass Effect, le contraste met en relief le côté « repos et bricolage » que peut prendre le furetage dans cette interface (surtout si vous êtes méticuleux).

Niveau effets sonores, la qualité est au rendez-vous : les armes ont un son proche d'armes connues de l'univers Mass Effect et sont diversifiés. Le fusil à pompe a un vrai bruit de fusil à pompe, le fusil d'assaut de même (n'est-ce pas Mass Effect – Parangon Lost ?). Les sons ambiants sont corrects, suffisant pour permettre une bonne immersion.

A noter que le jeu, bien qu'en version française, ne propose que des voix anglaises. Fort heureusement pour les anglophobes ou personnes ne maitrisant pas la langue de Shakespeare, l'ensemble du jeu est sous-titré. Les sous-titres sont d'ailleurs plutôt bons.

Parlons graphismes, les amis ! Les graphismes... Pour un jeu sur smartphone, j'avoue avoir été bluffé. Je savais que IronMonkey Studios proposaient des jeux de qualité (j'avais pu tester Need for Speed Most Wanted pour Ipad qui propose de jolis graphismes lui aussi), mais je reconnais qu'ils ont su bien retransmettre la marque graphique du jeu en lui offrant une qualité très honnête. Mention spéciale pour l'équipement de notre héros, qui rutile au moindre trait de lumière et dispose d'une bonne texture bien précise.

Les animations sont très correctes tant pour le personnage que pour les IAs qui se déplacent autour de vous. A noter également que les races extraterrestres sont plutôt bien modélisées. Les krogans ressemblent à des krogans, les asaris ont bien des têtes d'asaris. Quant aux turiens, je ne me hasarde pas à vérifier s'ils ont bien un balais... Les différents hommes de Cerberus sont également bien modélisés, même si les armures ne sont pas exactement identiques à celles présentées dans Mass Effect 3.

Toutefois, on peut noter la présence de droïdes et de mécanoïdes qui n'existent pas dans la série Mass Effect et ont du être créés spécialement par les développeurs.

En définitive, la qualité des animations et des textures est donc au rendez-vous, maintenant l'immersion dans le jeu.

 

Venons-en au jeu en lui même...

Loin des jeux fondateurs, Mass Effect Infiltrator propose donc au joueur d'incarner un agent de Cerberus : Randall. Ce dernier est un croisement entre un biotique, un franc-tireur et un soldat équipé d'un armement lourd et d'une armure de Cerberus imposante.

Côté équipement, ce fut ma première rencontre avec le Chasseur de Cerberus. Il s'agit en effet de la célèbre version automatique made in Cerberus du tout aussi célèbre M-96 Mattock. A ce sujet, le son de l'arme est bon, mix habile entre le son du Mattock et celui du Chasseur tel qu'il est dans Mass Effect 3.

Nous avons également un fusil à pompe, plutôt classique. Pas grand chose à en dire si ce n'est que les ennemis ne l'aiment pas du fait de ses importants dégâts au corps à corps.

Le fusil de précision est une sorte du M-29 Incisor ne tirant qu'au coup par coup. Sa puissance et sa précision sont appréciables, surtout contre les boss et à longue distance contre sensiblement n'importe qui.

Enfin, Randall dispose d'une arme lourde ressemblant fortement à un laser-spartan de Halo, puisque tirant un rayon laser rouge, chose assez inhabituelle dans l'univers de Mass Effect où les lasers n'ont qu'une faible utilisation en matière d'armement (pour mémoire, le système anti-chasseur GARDIA).

L'armure de Randall est une armure proche de celle des transfuges de Cerberus du multijoueur de Mass Effect 3, tout en présentant des similarités avec celle dont on peut équiper notre Shepard dans le même jeu. Elle dispose d'un camouflage optique très utile dans certains cas et peut être développée/améliorée par l'achat de pièces spéciales (casque, plastron).

A noter que les armes sont débloquées au fur et à mesure de la progression du joueur dans le jeu. Toutefois, on dispose dès le départ de l'ensemble de l'armement une fois qu'on a achevé une fois le jeu dans son intégralité.

Le fonctionnement du jeu en lui même. La position des mains sur la tablette ou sur le smartphone se fait très naturellement de part et d'autre, à l'instar d'une manette de console. C'est le pouce de chaque main qui contrôlent le jeu, les autres doigts pouvant aller se chercher un café ou plus prosaïquement tenir l'appareil.

Sans surprise pour un TPS, nous retrouvons le système de couverture qui permet d'éviter de se faire hacher menu par les balles de nos adversaires. Ce système, contrôlé par glissement de doigt sur l'écran tactile est pas trop mal, à un détail près. A l'instar de Mass Effect 3 et sa touche unique (barre espace), Randall aura tendance à faire n'importe quoi près d'un couvert. Lorsque vous voudrez courir près d'une couverture, il aura la fâcheuse tendance à se mettre à couvert et inversement, lorsqu'il sera léger en santé et à proximité d'une couverture, il aura tendance à se sentir suicidaire en courant droit sur n'importe quoi. C'est pourquoi ce système va nécessiter un brin de précision dans les gestes du joueur et un peu d'expérience des réactions du personnage. Cela mis de côté, passer d'une couverture à une autre se fait d'un simple glissement de doigt, que la couverture soit devant vous ou sur les côtés.

La course, les mouvements, la rotation, l'ensemble des mouvements et possibilité en terme de mobilité de Randall sont suffisamment précises, naturelles et efficaces pour permettre une expérience de jeu agréable, sans chercher à se battre à chaque instant avec un personnage récalcitrant, du à des lacunes évidentes dans le développement de l'interface utilisateur/personnage.

A noter la présence parfois de quelques QTE paragon/pragmatique. Si l'idée d'en mettre est bonne, leur utilisation n'aura finalement que peu (si ce n'est aucune) d'incidence dans le scénario du jeu.

Concernant le scénario, justement, je ne m'épancherais guère à ce sujet. Je me permettrais toutefois de préciser que bien qu'agréablement ficelé et tenant tout de même le joueur dans l'ambiance, il n'en reste pas moins un tantinet prévisible et parfois un brin linéaire dans son approche. Ne nous leurrons pas, nous aurons affaire à des couloirs, se succédant à des salles plus ou moins grandes où nous devrons massacrer à la chaine des ennemis plus ou moins puissants, suivis de boss plus ou moins pétés d'attaques et de pouvoirs improbables, et ainsi de suite. Mais si le fonctionnement est simple, le résultat n'en reste pas moins plaisant.

 

En conclusion, que dire de ce Mass Effect : Infiltrator ?

Tout d'abord que c'est un jeu agréable offrant quelques heures de divertissement lorsqu'on se trouve loin d'un ordinateur/d'une console pour jouer à Mass Effect. Il offre un point de vu différent de celui de Shepard, ce qui n'est pas désintéressant.

Cependant, là où l'on est habitué à un style RPG/action sur les trois jeux d'origine, on tombe clairement dans le TPS avec des ennemis à tuer en jeu et des dialogues placés uniquement en cinématiques. A ceux qui espéraient pouvoir choisir entre trois couleurs (bleu, vert ou rouge?) dans ce Mass Effect : Infiltrator, passez votre chemin. La seule couleur disponible reste celle du sang de vos ennemis.

Mis à part cette petite différence dans les styles, les développeurs d'IronMonkeys ont réussis un jeu qui allie une ambiance sonore de qualité, une réalisation graphique correcte pour la plateforme visée et un gameplay tout à fait convenable, facile à prendre en main.

L'on peut regretter -comme toujours dans l'univers Mass Effect (on y est si bien)- que ce jeu ne dure que quelques heures. Toutefois, il reste tout à fait convenable pour un jeu qui ne mise pas exclusivement sa durée de « vie » sur la rejouabilité à outrance comme un Temple Run et autres Tetris modernes.

Petite note qui passe presque pour un gadget mais qui devrait intéresser les joueurs de Mass Effect 3 : il est possible de « promouvoir » Randall pour l'ajouter à ses war assets, à l'instar des personnages du multijoueur. Les impitoyables collectionneurs de points de guerre sauront s'en réjouir.

Pour finir, je dirais que Mass Effect : Infiltrator n'est rien d'autre que ce qu'il paraît être sur les plateformes de téléchargement d'applications d'Apple et de Google : un TPS scénarisé dans l'univers de Mass Effect.

 

Esylis