Mass Effect : Evolution

Mass Effect Saga

Couverture mass Effect incursion 

 Dans notre souci de vous fournir du travail de qualité, nous vous proposons une fiche réalisée par un professionnel qui a néanmoins désiré garder l'anonymat. 

                                               - le staff de Mass Effect Saga                                                                                  
 

Du danger des bandes dessinées à licence 

Coïncidence. C’est le jour où j’ai découvert une image du très attendu DLC « Omega » attendu pour la fin de ce mois de novembre, que j’ai découvert la bande dessinée « Mass Effect Evolution »… Si le DLC est plein de promesses, la bande dessinée, elle, laisse un goût de déception dans la bouche. Edité chez Delcourt, cet ouvrage recueil 3 bandes dessinées plus ou moins brèves reprenant des personnages secondaires propres à Mass Effect, et plus particulièrement propres à Mass Effect 2 et 3.

Fond 

La première histoire a été publiée par Dark Horse Comics, sous un format dit « print » c’est-à-dire sous la forme de livrets. Si la couverture dessinée Massimo Carnevale est assez bluffante, on déchante vite lorsque l’on parcourt les planches d’un récit tentant d’expliquer les origines de l’Homme Trouble, grand amateur de blondes filtrées. Le découpage se fait systématiquement sur des vignettes appliquées sur des fonds perdus, ce qui est une mauvaise habitude graphique en matière de découpage, puisqu’il est impossible d’identifier un découpage propre à une action soutenue, du découpage, en principe plus sage, d’un dialogue… C’est très indigeste à la lecture. L’histoire en elle-même réussit l’étrange prouesse d’être à la fois d’une linéarité fade et sans surprise, et de ne pas tenir compte de tout ce qui a été fait en matière de background, notamment à travers les premiers romans de Drew Karpyshyn. Le ton est tristement Les perspectives sont souvent foireusesconsensuel, justifiant le juste combat de l’homme trouble, tentant d’occulter, du même coup, que ce personnage est un type abject, xénophobe, et accessoirement, à la tête d’une organisation terroriste, et ce, dès le premier Mass Effect (n’oublions pas le paquet de morts provoqués par l’organisation Cerberus dès le premier opus de la série). Cette manie qu’ont les scénaristes de justifier les actes des personnages les plus mauvais qui soient est pénible, surtout depuis Star Wars Episode III. Expliquer les motivations d’une saloperie ne transforme pas la dite saloperie en quelqu’un de respectable. Reste le dernier point, qui achève le récit comme le bourreau achève le cheval blessé d’une bonne balle dans le crâne : le dessin. On ressent que les auteurs ont été pris par le temps par un boulot de commande, fait à la va-vite. Les échelles de grandeurs ne sont pas respectées, les graisses de tracés sont irrégulières, et les perspectives foireuses sont légion. Bref. Récit décevant. Découpage décevant. Dessin décevant. Mauvais tiercé.

Le découpage est simple mais efficace, purement issu du Comics USLa deuxième histoire du recueil, « Incursion », prenant lieu et place dans la station glauque d’Omega, et mettant en scène principalement des protagonistes non humains (bon, il y a quelques humains, mais ils meurent vite). L’un des principaux intérêts de cette très courte histoire (8 planches), elle aussi publiée à l’origine dans un format numérique, c’est la mise en avant du personnage Aria T’Loak, Matronne Damnée de toutes les pègres de cette station spatial,cloaque des races conciliènes et non conciliènes de la Galaxie. On a droit à une amorce d’intrigue justifiant certains renseignements nécessaires à la quête du Commandant Shepard dans Mass Effect 2. Le découpage est simple mais efficace, purement issu du Comics US, le tout, démontrant le savoir-faire d’une Assari sale comme un ange, et expéditive comme une Mafia. Ce portrait du personnage est particulièrement réussi, et le récit dynamique et bien balancé, sauve la qualité globale du recueil édité par Delcourt, l’édition des couvertures de Carnevale et de Joe Quinones en fin de livre « rattrapant le coup ».  

Comment peut-on faire une histoire de conspiration en 8 planches comics?« Inquisition », La dernière nouvelle du recueil met en scène le capitaine Bailey, futur chef de la sécurité de la Citadelle. Pour le coup, ce dernier récit de l’album, s’il est court, respecte mieux certaines règles de découpage du comics, qui rend sa lecture plus digeste que le premier récit de l’album. On a droit à une interprétation très rapide de l’assassinat de l’Exécuteur Pallin par le Capitaine Bailey, sur ordre d’un Ambassadeur Udina, plus faux-cul que jamais. Conçue à la base pour être publié sous une forme dématérialisée par Dark Horse, l’histoire « Inquisition » souffre du choix de son format : comment peut-on faire tenir une histoire de conspiration en 8 planches comics ? Si le lecteur n’a pas une bonne connaissance de l’historique des protagonistes de l’histoire dans le jeu original, il sera très vite largué, et ne comprendra pas l’importance d’un complot naissant, visant à renverser le Conseil Galactique siégeant à Citadelle.


 Bref… Mass Effect Evolution s’adresse aux fans du jeu, et il ne faut pas que ces derniers ne soient trop exigeants en matière de scénario, découpage et dessin.

Et pour en revenir à la coïncidence, il faut savoir que l'un des intérêts de cette bande dessinée est de mettre des représentants Turiens de sexe féminin... Et bien, je préfére amplement la version du DLC Omega.  

PLP