[Critique] Mass Effect : Foundation #13

Mass Effect Saga

Natsumi - Vendredi 19 Septembre 2014 à 15h19 - 8 commentaires - News
Aujourd'hui, je vous propose la critique du dernier tome de la série de comic Mass Effect : Foundation. Mass Effect : Foundation #13 est le dernier tome de la série Mass Effect : Foundation. Il est sorti le 23 juillet 2014 en VO en version digitale sur le site Dark Horse Comic. Pour un prix de 3,99$, ce tome conclue l'intrigue de la série et le dénouement de l'histoire de Rasa, son « héroïne ».

Niveau staff, on retrouve Mac Walters épaulé de Jeremy Barlow au scénario, Tony Parker aux pinceaux, Michael Atiyeh à la colorisation et Benjamin Carré à la couverture.


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Autant vous le dire tout de suite, ce tome est à l'image la série : médiocre. Pour accéder à la critique, c'est par ici !
Commentaires
Sinek - 19/09/2014 17:02
"Tony Parker", je m'y fais pas. Enfin apparemment, Fondation est à la hauteur de ses albums de rap, donc le nom était peut-être prédestiné.

Excellente critique, qui me donne tout à fait envie de ne toujours pas lire ces comics (alors que je me mets au mainstream depuis quelques temps). Je crois que Mac Walters ne comprend absolument pas sa base de fans.

{Note : ce que je vais dire à la suite ne s'appuie absolument pas sur des études statistiques, juste sur un ressenti, et ce n'est une insulte envers personne}

Pour moi, un comic-book tiré d'un jeu vidéo est destiné aux fans les plus investis émotionnellement dans la série, ceux qui l'ont faite et refaite, qui trouvent l'univers fantastique et méritant d'être exploré. Or les personnages et les éléments de l'univers sur lesquels s'appuie Mac, ce sont les plus..."immédiats", ou "classiques". Ceux qu'une personne qui jouerait une fois à la trilogie sans plus s'investir dedans que ça comprendrait, mais qui n'ont pas nécessairement de profondeur. Cerberus est caractéristique pour ça : c'est une organisation suprématiste secrète et tentaculaire comme il y'en a des dizaines en fiction. Et Rasa, si elle était amusante dans Citadelle, n'était pas, loin de là, ce que l'on retenait du DLC (ni des méchants de DLC - Tela Vasir est amha une adversaire bien plus mémorable, et intéressante). Pareil pour Leng (il me semble que c'est Walters qui s'est occupé de son écriture dans ME3), qui est quand même de très, très loin un des adversaires les plus pathétiques de la trilogie au point de toujours devoir être sauvé par les pouvoirs de la cinématique ou du Deus Ex Machina.

Du coup, une série entière centrée sur un personnage qui n'intéressera pas les gens susceptibles d'approfondir leur connaissance de la série...pas une bonne idée. Ce qui est vraiment dommage parce que l'univers ne manque pas d'aspects passionnants. Rien que l'organisation du Courtier de l'Ombre (pré-Liara) est à mon sens largement plus originale et passionnante que Cerberus peut l'être.
Natsumi - 20/09/2014 10:26
Merci Sinek !

Pour ton "ressenti", je suis à la fois d'accord et pas d'accord avec toi. D'accord dans le sens où Mac Walters s'est vraiment planté, avec le nombre de fans de l'univers prêts à mettre la main à la poche pour en savoir plus sur le folklore... Et il nous sert du réchauffé, à savoir des histoires déjà connues du background des personnages principaux. Mais il y avait tant à dire et à explorer, à tellement de niveau !
Il aurait pu sur 13 tomes, nous parler de la Guerre du premier contact, de la rébellion Kroganne, de la guerre contre les Rachnis... Ou plus récemment suivre des personnages B comme le Dr Michel, Gianna Parassini, Shiala, la flic Asari sur Illium, ou encore nous illustrer les déboires de Aeian T'Goni et la mort de la petite soeur de Joker... Ou encore nous présenter un tout nouveau personnage et nous parler de son évolution et ses missions (un assassin Drell sur Kahje, un jeune Turien qui fait son service militaire sur Palaven, une famille Elcor, Blasto)...
Tellement de possibilités d'approfondissement de l'univers de voir ce que Fooundation a donné me frustre vraiment !

Enfin, je ne suis pas d'accord car je pense que Cerberus a beaucoup de potentiel, notamment le Cerberus premier, cette organisation mystérieuse pour qui la fin justifie les moyens et qui n'hésite pas à faire des atrocités "pour le bien commun". Il y avait beaucoup à développer autour de Cerberus, ses missions secrètes, ses généraux, ses recherches scientifiques... Or effectivement tout faire tourner autour de Rasa qui est loin d'être passionnante était un échec cuisant.
Sinek - 21/09/2014 19:36
Mon problème avec Cerberus, surtout sur une trilogie comme celle-ci, c'est la façon dont leur traitement évolue, qui n'est pas cohérente avec une volonté d'ambiguïté. Dès le premier, on avait le sentiment que Cerberus allait un milliard de fois trop loin pour rester dans le "gris" du spectre de la moralité, avec leurs expériences plus immondes les unes que les autres. Quand on envoie des dévoreurs sur des unités de l'Alliance et qu'on fait assassiner des contre-amiraux, on ne peut plus prétendre bosser pour le bien commun. Si encore ce dévoreur avait été attiré pour sauver une colonie humaine ou détruire des contrebandiers...mais non, c'est juste une expérience "for fun". Donc dans le 2, y'a déjà plus aucune ambiguïté sur le fait que Cerberus est majoritairement composé d'un tas d'ordures avec quelques individus assez intelligents pour ne pas avoir d'oeillères (Jacob, Miranda, Brynn Cole...). Du coup, Shep bosse avec eux faute de mieux, et pas parce qu'il/elle peut être convaincu(e) qu'ils ont vraiment à coeur le bien de l'humanité.

Walters avait clairement une obsession pour Cerberus, comme s'il avait inventé l'organisation criminelle du siècle, alors que leur intervention dans Mass Effect 1 disqualifiait automatiquement tout jeu de moralité. Si dans Mass Effect 1 on avait "juste" présenté Cerberus comme une organisation secrète pro-humaine qui s'appuie quand même sur une forme de moralité (donc pas d'expérimentations humaines ou de sacrifice de marines de l'Alliance), ç'aurait été mille fois plus ambigu au début du 2 quand Cerberus et Shepard unissent leurs forces ; il y'avait plein d'occasions au cours du jeu d'être mis en face des aspects les moins reluisants de l'organisation de façon plus subtile que "expérimenter sur et assassiner Kahoku" (par exemple via Suprématie, ou la base où a grandi Jack, en les modifiant un peu), et donc d'arriver au 3 où Cerberus est complètement indoctriné à son insu.

Et malgré tout, alors que Cerberus a passé mission après mission à alterner torture, crimes contre l'humanité (ou une autre espèce) et crimes de guerre, il nous ressort Petrovsky dans un DLC. Comme si montrer que Cerberus avait aussi quelques membres avec un semblant de moralité pouvait changer quoi que ce soit après qu'ils ont tenté d'empêcher la guérison du génophage, massacré les membres de la station sur Mars, tenté de faire exploser une bombe atomique sur Tuchanka, tué et/ou capturé de jeunes étudiants, tenté d'assassiner le Conseil et causé la mort de Thane... franchement, on est à ça du "mais n'oubliez pas que Hitler était végétarien, il n'était pas si horrible !"

TL;DR : Cerberus avait théoriquement un grand intérêt scénaristique, mais après Mass Effect 1, il fallait s'y prendre autrement pour les inclure dans l'histoire. Plutôt que tenter de nous convaincre qu'ils n'étaient pas si méchants, il aurait été aussi bien qu'ils admettent que leur collaboration était "l'ennemi de mon ennemi".
Jovek - 21/09/2014 20:07
Juste un détail, au début du 2, Miranda signale que la branche de Cerberus qui faisait les expériences dans Mass Effect 1 est la branche militaire.
Donc on peut partir sur l'idée que les branches sont plus ou moins extrêmes selon les domaines^^

Bon, après c'est clair que Cerberus dans le 1, c'est des méchants pour le plaisir d'être méchants... je suis pas sûr qu'ils avaient prévu d'en faire nos alliés par la suite ^^
Natsumi - 21/09/2014 21:29
Walters avait clairement une obsession pour Cerberus, comme s'il avait inventé l'organisation criminelle du siècle, alors que leur intervention dans Mass Effect 1 disqualifiait automatiquement tout jeu de moralité.

En réalité, c'est Drew Karpyshyn qui a inventé Cerberus, et c'est plutôt lui qui était obsédé par l'organisation, au point d'en faire un élément central de ces bouquins -où l'on rencontre l'Homme Trouble et Kai-Leng pour la première fois, bien avant les jeux-.

De fil en aiguille, Cerberus est devenu l'allié principal de Shepard dans ME2, car Karpyshyn et ses scénaristes avaient envie de plus explorer cette  organisation. D'autant plus que la première trilogie Mass Effect c'est l'histoire de la civilisation humaine naissante au sein d'une galaxie concilienne bien plus vaste, et se pencher du côté des organisations  humaines obscures a dû leur paraître être une facette intelligente à manier.
FwbBlitz - 22/09/2014 16:50
Voilà le genre de discussions qui pourrait bien me dégoûter de Mass Effect. Plus j'y réfléchis, moins cet univers me semble crédible.

Concernant ce dernier Foundation, comme tu l'as dit, Natz, il est à la hauteur du reste de la série. La seule chose que j'ai appréciée était qu'il m'apportait la certitude que le massacre prenait fin. Tout ça pour ça... Comme toi, je pense que la plupart des événements abordés auraient dû rester du domaine de l'imaginaire. Non seulement, Mac a complètement cloisonné des histoires qui étaient encore riches tant qu'on pouvait avoir nos propres interprétations, mais en plus, sa version de ces histoires est une farce complète et systématique.

Bonne idée de faire de cette critique un retour sur l'ensemble de la série. C'était le bon point de vue à prendre car, après tout, ce #13 n'est rien d'autre qu'un panneau "fin de la série, merci de nous avoir supportés", avec de la baston pour remplir les pages.
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